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vendredi 13 juin 2014

Velles 1896. Création de cours d'adultes.

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Fin 19 ième, si la scolarité était effective dans les campagnes, les enfants quittaient l'école très tôt pour rejoindre l'activité rurale. Devant ce phénomène, les services de l'Instruction incitèrent les communes à mettre en place des cours d'adultes et d'adolescents.

Ce fut le cas à Velles en 1896. En effet dans le registre des délibérations, pour la séance du 29 novembre 1896, on peut lire ceci :

"Monsieur le Maire donne lecture d'une circulaire de Monsieur l'Inspecteur d'Académie au personnel enseignant du département de l'Indre, exprimant le voeu que des cours d'adultes soient créés dans le plus grand nombre de communes possibles.

Le Conseil, après délibération et à l'unanimité, vu le décret du 11 janvier 1895 :

Considérant les avantages que peuvent procurer des cours du soir faits aux adultes et aux adolescents.

Sur la proposition de Monsieur le Maire :

Emet le voeu qu'un cours d'adultes soit créé à Velles et vote une somme de cent francs qui sera inscrite au budget additionnel de 1897, pour être mandatée au nom de Monsieur Boitard, instituteur qui accepte et indique que les cours auront lieu, cette année, trois fois par semaine, ordinairement les lundi, mardi, mercredi et vendredi de sept heures et demie à neuf heures du soir, pendant les mois de décembre et janvier prochains.

Fait et délibéré les jours, mois et an susdits.

En fait, cette problématique de l'enseignement des adultes et adolescents existait depuis plus de 20 ans. Ainsi, on pouvait lire dans le registre des délibérations du 14 novembre 1875 :

L'an 1875, le 14 novembre, le Conseil Municipal de la Commune de Velles, réuni en session ordinaire sous la présidence de Monsieur Annequin, Maire.

Présents, MM Lefêvre, Lacotes, Fauduet, Laleuf, Guillebaud, Pilier, Plantureux, Hérault et Robin.

Monsieur le Maire dit au Conseil que les enfants qui ne seront pas entrés dans leur quinzième année, ne pourront être admis cette année à suivre le cours d'adultes et qu'il serait à désirer qu'il n'en fut pas ainsi.

Dans cette localité où les enfants quittent l'école étant malheureusement trop jeunes, avant d'avoir le temps de compléter leur instruction.

Le Conseil Municipal, à l'unanimité, considérant que les enfants de cette commune ne fréquentent pas l'école du jour pendant le temps nécessaire pour compléter leur instruction, qu'en les laissant depuis l'âge d'environ 11 ans, âge où ils font leur première communion jusqu'à quatorze ans, sans recevoir aucune instruction, ils oublieront pour la plupart, une grande partie de ce qu'ils auront appris, perdant le gain de l'instruction et ne se soucieront plus de retourner à l'école pendant les soirées d'hiver.

Considérant en outre, que la fréquentation du cours d'adultes leur serait très profitable pour maintenir et fortifier leur instruction, demande qu'ils y soient admis à l'âge de 12 ans.

Ont les présents signé la présente demande sauf MM Lefèvre, Fauduet, et Guillebaud qui ont déclaré ne le savoir.

 
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D'un siècle à l'autre.......

 
La Troupe « Festi'Velles » réinvestira le théâtre de verdure des prairies de Velles, les 4-5-6-7 juillet prochains, pour présenter la nouvelle édition du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte-l'Insoumise », dans le cadre du « Festi'Lumière de Velles 2014 »,
(Tarifs-Billetterie-Réservations, voir la rubrique liens de ce blog).





jeudi 12 juin 2014

1906-1907 Velles à la Belle Epoque. chapitre 11.

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

L'analyse de la population de Velles montre que son apogée fut atteinte en 1906. Velles vivait alors sa « Belle Epoque ». L'une des façons d'appréhender l'état d'esprit et le contexte de l'époque est de plonger dans l' « Almanach Pratique illustré du Petit Parisien ».

Nous avons la chance de disposer d'un exemplaire de 1907 dont la présentation rappelle tous les évènements de l'année précédente, à savoir 1906. Ce document fourmille d'informations de toute nature qui étaient celles dont disposaient les habitants de Velles à l'époque.

Nous allons les restituer au fil d'articles, en replaçant Velles, dans le contexte historique national et mondial. Une façon de se mettre dans la peau d'un Vellois de l'époque.

Ainsi sur l'agenda du mois de Juin 1907, il pouvait lire ceci :

L'année passée 

Le 1er Monsieur Brisson est élu président de la Chambre des députés.

Le 3 Mattéo Moral, l'anarchiste auteur de l'attentat contre les souverains espagnols, se suicide   au moment d'être arrêté. Son cadavre est ramené à Madrid.

Le 4 Premier voyage présidentiel de M Fallières à Tourcoing.

Le 5 Mort du général Dessirier .

Le 8 Election du bureau de la Chambre .

Le 10 Le Grand Prix de Paris est gagné par le cheval anglais Spearmint .

Le 11 Le roi du Cambodge arrive à Marseille .

Le 14 A Bielostock (Russie) une bombe jetée sur une procession provoque une sanglante émeute.

Le 19 Arrivée à Paris du roi Sisovath

Le 22 Sacre du roi de Norvège, Haakon

Le 29 Mort de l'académicien Albert Sorel


 
L'année présente 

Le 2 Le grand Steeple-Chase est couru sur l'hippodrome d'Auteuil

Le 9 La Société d'Encouragement fait courir à Longchamp le Grand Prix de Paris. On inaugure les modes d'été.

Le 14 Anniversaire de la bataille de Marengo (1800). Fête des régiments qui ont pris part à cette action mémorable.

Le 16 Réouverture de la pêche dans les rivières et les canaux. Officiellement, la réouverture doit avoir lieu le 15 juin, mais cette date tombant un samedi, les particuliers n'ont le droit de pêcher que le lendemain dimanche.

Les 20-21-22 les plus longs jours de l'année. Le soleil se lève à 3h 58 et se couche à 8h04

Le 22 L'été commence à 2h32 du soir

Le 26 Dans toute l'Angleterre, on célèbre l'anniversaire de la naissance du roi Edouard VII 
 (1841)


 
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a Troupe « Festi'Velles » réinvestira le théâtre de verdure des prairies de Velles, les 4-5-6-7 juillet prochains, pour présenter la nouvelle édition du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte-l'Insoumise », dans le cadre du « Festi'Lumière de Velles 2014 »,
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mercredi 11 juin 2014

La Seigneurerie de Beauregard au 18 ième siècle Chapitre 1

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

La consultation des archives départementales est toujours riche de surprises. La dernière trouvaille est un mémoire de maitrise, réalisé par une étudiante de l'université Paris-1, Monique Labaye.

Il traite, pour notre plus grand plaisir, de la Seigneurerie de Beauregard au dix huitième siècle.

A l'image d'un précédent mémoire sur la population de Velles à la fin du dix septième siècle, nous publions ces travaux sous forme de feuilleton.

 Dans l'introduction publiée ce jour, la jeune étudiante nous brosse un tableau sans complaisance de l'économie rurale de la Province du Berry à cette époque.

Elle dit ceci :

"Médiocrité et pauvreté constituent les dénominateurs communs caractérisant l'économie rurale de la Province du Berry de la fin du XVII ième jusqu'à celle du XVIII ième siècle.

Cette sombre vision est bien celle que donnent, à l'unanimité et presque à un siècle d'intervalle des témoignages relevant de personnalités aussi diverses, que des envoyés du pouvoir central : intendant ou simples voyageurs.

Dey de Sérancourt, en tant qu'intendant, met en relief dans son "Mémoire sur la Généralité de Bourges" en 1697, le contraste flagrant entre la situation générale du royaume et celle toute particulière de l'élection de Châteauroux dont "le fond est le plus ingrat et le plus stérile du royaume".

La même appréciation se retrouve chez un anonyme du XVIII ième siècle : "Les villes et les campagnes semblent désertes et dans un engourdissement et une indigence pitoyables"

Enfin le témoignage de Young, à la veille de la Révolution en 1787 et alors qu'il traverse le Berry, ne permet pas de constater une évolution positive de la situation économique et sociale. Au contraire, les mêmes caractères de médiocrité sont toujours présents et dominants, "la culture est pauvre et les gens misérables".

Or, s'il y a contraste dans le royaume entre la situation générale de l'agriculture qui connait surtout à partir de la seconde moitié du XVIII ième siècle une tendance à l'expansion et celle du Berry, caractérisée par une médiocrité persistante, il existe également un autre contraste à un autre niveau.
A cette nouvelle échelle, le contraste se révèle interne à la province elle-même. Il suffit de faire ressortir sur une toile de fond économique et sociale sombre, le groupe quantitativement et qualitativement important que forment les propriétaires fonciers.

"Propriétaires riches" dit de Travenet ; Ils appartiennent tous à une noblesse, à un clergé et à une bourgeoisie localisés en milieu urbain : à Châteauroux, Issoudun, Bourges,Vierzon, voire en milieu urbain étranger à la province considérée.

C'est ce dernier trait que présentent les Seigneurs de Beauregard au XVIII ième siècle, lorsqu'ils font de Montluçon, en province de Bourbonnais, leur résidence ordinaire.

Le contraste interne à la province de Berry s'appuie sur la répartition de la propriété foncière faite au profit de ces propriétaires liés au clergé, à la noblesse et à la bourgeoisie, puisque 75% des terres de Champagne et des territoires environnants sont entre leurs mains. 

Il faut d'ailleurs souligner à ce propos que dans ce pourcentage, la redistribution se fait en faveur d'une "bourgeoisie montante" face à la noblesse qui amorce une phase déclinante.

Au déséquilibre introduit par la répartition de la propriété foncière, il faut ajouter l'aggravation que constitue la politique d'exploitation du sol ou plutôt son absence de la part du groupe propriétaire :

"Le Berry est plus que d'autres provinces à quantité de propriétaires riches. Je dirais même que tous ses propriétaires le sont, mais par cela qu'on possède beaucoup de terres, on n'est pas toujours disposé à faire des sacrifices pour les mettre en rapport selon l'art de l'agriculture.

D'où je conclus que si le morcellement de la propriété en trop de parcelles est souvent un inconvénient, la conservation des grandes propriétés dans un pays où il n'y en a point de petites est toujours un malheur. Plus les propriétaires sont riches, plus les paysans sont pauvres, par conséquent moins la contrée a de capitaux".

De Travenet, à travers le contraste formé par la toile de fond économique et sociale générale et la présence du groupe propriétaire atteint la cause même de la précarité et de l'incertitude de l'économie rurale en Berry au 18 ième siècle.

Il  met en relation, pour expliquer les insuffisances de l'économie rurale, la répartition déséquilibrée de la propriété foncière, le maintien de vastes unités d'exploitation et l'absence d'un véritable esprit d'entreprise de la part des propriétaires.

Une telle pratique explique par là-même le maintien de méthodes agricoles archaiques, l'emploi d'un équipement rudimentaire.

Le problème de la rentabilité du sol, son carctère précaire se posent donc au niveau de la politique des propriétaires fonciers mais aussi au niveau du constat de la médiocrité des masses paysannes exploitantes.

Le profit issu des diverses activités agricoles de chaque unité d'exploitation est-il faible et fragile au point de n'assurer aux exploitants des métairies et des locatures qu'un revenu mince voire inexistant ?

L'exemple précis que constitue l'analyse de la Seigneurerie de Beauregard dans la seconde moitié du 18 ième siècle doit nous permettre de cerner les caractères et l'amplitude de la médiocrité qui caractérise l'économie rurale du Berry pendant cette période.

Le terme de seigneurerie désigne une forme toute particulière de "propriété du sol" et implique par là même un système de faire valoir spécifique à un niveau global et un mode d'exploitation précis à l'échelle des différentes unités d'exploitation.

Cette partie consacrée au système de faire valoir et au mode d'exploitation doit nous amener à analyser les facteurs de mise en valeur du sol :
facteurs humains, d'équipement, puis la nature des revenus, leurs composantes et le poids respectif de ces dernières au sein des revenus.

Enfin, à partir de cette tentative de constitution d'un revenu brut, il faudra envisager ses limites, ses insuffisances et dégager par là- même le contexte social médiocre où vivent les masses paysannes exploitantes.

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mardi 10 juin 2014

Velles 1905. Solidarité Sociale

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Dans les années 1900, la vie dans les petits villages de campagne était rude et le nombre
 d'indigents sans ressources nombreux. Le gouvernement de l'époque avait pris des mesures pour venir en aide aux plus démunis.

Ainsi lors d'un délibération du Conseil Municipal de Velles le 3 décembre 1905, on peut lire ceci:

Vu la loi du 14 juillet 1905 concernant l'assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources.

Vu la circulaire ministérielle du 29 du même mois, relative à l'application de la loi sus-visée.

Vu la lettre de Monsieur le Préfet de l'Indre, en date du 28 octobre 1905 invitant les Conseils Municipaux à délibérer sur le taux de l'allocation mensuelle prévue à l'article 20 de la loi.

Arrête à 15 francs le taux de l'allocation mensuelle aux vieillards, aux infirmes et aux incurables ayant leur domicile de secours dans la commune et qui recevront l'assistance à domicile.

Cette allocation se subdivise ainsi qu'il suit :

Alimentation 10 francs
Vêtement         1 franc
Logement         3 francs 
Chauffage        1 franc



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samedi 7 juin 2014

Exode 1940. Velles terre d'accueil Chapitre 16

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

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Nous publions sous forme de feuilleton historique, le chapitre 16 d'un document rare et exceptionnel, dactylographié par le Directeur de l'école, Monsieur Défradat en 1947.

Il porte témoignage de la générosité des habitants de Velles, pendant l'exode de 1940.

Conscient de son rôle de « passeur d'histoire », il écrit ceci :

« Dans trente ans, le récit en serait déformé, dans cinquante, à peu près oublié. Il est temps d'écrire pour les futurs habitants de Velles ce que fut, à Velles, cet exode. Le témoin qui essaie d'en faire le récit se porte garant de sa vérité »

« j'étais là, telle chose advint »

Velles décembre 1947
M. Défradat

Dans ce chapitre 16, intitulé "Ouvre-moi ta porte, pour l'Amour de Dieu", qui tient lieu de conclusion, Monsieur Défradat évoque la dimension humaine des relations qui se sont tissées lors de cette période troublée de notre Histoire :
"Tout le monde a lu, dans la presse parisienne, sous des plumes qui font autorité, les remerciements qu'adressèrent l'exode terminé, les ex-réfugiés à ceux qui les avaient recueillis.

Ce n'étaient pas seulement banales formules de politesse, on sentait une chaleur de sentiment inaccoutumée dans ces phrases éphémères de journaux, écrites d'ordinaire à la hâte et oubliées aussitôt lues.

Pour une fois, les journalistes de la capitale avaient mis l'éteignoir aux sous-entendus ironiques qu'ils ont coutume de décocher à la rusticité un peu parcimonieuse des cousins de province.

Il avait bien fallu se rendre à l'évidence : les réserves des campagnes françaises avaient, ni plus ni moins, sauvé la vie à ces foules d'émigrants qui arrivaient sans crier gare ! La saison propice et le temps idéal avaient fait le reste.

La nouveauté du spectacle et une sorte d'intuition avaient fait comprendre aux populations non envahies qu'il s'agissait d'un évènement grave et qui pourrait être lourd de conséquences.

Ce fut d'abord l'arrivée des "déracinés", personnes de la famille habitant généralement Paris ou la banlieue qui, sachant où elles allaient, arrivèrent les premières et sonnèrent l'alarme. Beaucoup amenaient des parents, des amis, des voisins qui n'avaient pas de lieu de refuge dans cette direction.

A les entendre conter l'encombrement des routes, la cohue des gares, on comprit vite qu'on allait avoir à faire face à une situation inédite. Bientôt, en effet, d'autres personnes, inconnues celles-là, vinrent frapper à la porte. On leur fit place, le cercle de la famille s'agrandit jusqu'à déborder hors des limites de l'habitation.

Les fermes qui n'étaient pas proches des routes fréquentées n'eurent d'abord guère de passagers. Ceux qui vinrent s'y établir, soit par lassitude, soit par hasard, y goutèrent le calme enivrant des jours d'été en pleine campagne. Cela contrastait terriblement avec les bagarres où ils avaient du se débattre sur les grands chemins de l'exil. Séduits, ils y demeurèrent.

Mais chaque jour leur nombre grossissait, la place réservée à chacun se rétrécissait. On faisait bon accueil aux nouveaux arrivants, compagnons de misère. Et peu à peu, on entrait dans l'intimité de la famille de l'hôte.

A chaque instant on avait besoin d'un oeuf, d'une tasse de lait, d'un ustensile de cuisine, d'une botte de paille, d'une couverture, d'un renseignement. En revanche, le réfugié s'offrait pour un service ; lui, qui avait vu, commentait les nouvelles avec autorité, et le paysan taciturne s'ébahissait devant la faconde citadine.

Mais pour nourrir tant de bouches, il fallait sérieusement entamer les provisions. Le laitage et les oeufs, abondants en cette saison, en firent les frais ; les jambons furent entamés ; ici on égorgea un mouton, là on sacrifia un porc. Un désir commun de bonne entente créa vite une atmosphère de sympathie.

Sept ans après l'exode, nombre de familles de réfugiés de Velles continuent d'écrire chaque année à ceux qui les ont recueillis ; quelques -uns, à l'occasion, reviennent même faire visite à leurs logeurs et beaucoup de Vellois évoquent avec émotion le souvenir de ceux qu'ils ont un moment hébergés.

Il en fut différemment le long des voies où se pressait la cohue. Là, au contraire, on ne logeait que les passagers qui arrivaient le soir, se reposaient la nuit et repartaient le lendemain matin. Leur court séjour autant que le nombre élevé excluait toute idée d'intimité entre passants et logeurs.

A la ferme des Minerais, à partir du 15 juin, on logea d'abord 60 personnes, puis 200 ; ensuite on ne compta plus exactement, mais il y avait le 18 au soir plus de 300 civils à loger lorsqu'un nombre égal de soldats y vint cantonner.

Greniers et granges, fenils et meubles, toutes étables sans distinction, la bouverie peuplée de six rangées de corps allongés, tout était plein à craquer.

On ne pouvait songer à aider au ravitaillement d'une pareille foule ; pourtant il n'y eut jamais défaut de geste charitable. On n'avait qu'un peu de pain à donner, car on cuisait dans le four familial, mais il ne se présentait point de soldat français, moderne suppliant, qui n'emportât la tartine et ne puisât un quart d'une eau toujours fraîche qu'on renouvelait sans cesse et qui réconforta bien des gosiers altérés.

Cette charité spontanée, ces offrandes anonymes qui se sont, à coup sûr, répétées des milliers de fois sur des centaines de routes, voilà bien qui rachète la fureur stupide des hommes et réconcilie un peu avec notre décevante humanité.

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vendredi 6 juin 2014

Velles à l'époque du Servage......

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Velles est un village rural.  Maxime Rousseau, dans son ouvrage "Le passé d'une localité rurale" décrit les différents régimes agricoles au fil des siècles.

Il dit ceci à propos du "Servage"

Au début de la période féodale, la plus grande partie de la population agricole, en France, appartenait à la classe servile. Les serfs ne l'étaient pas tous de naissance ou d'alliance : " à partir des invasions normandes et des guerres privées, devenues si fréquentes avec l'établissement du régime féodal", les paysans libres, les petits propriétaires, continuellement exposés à se voir piller par les gens de guerre, venaient se mettre, eux et leurs biens, sous la protection de quelques puissnats seigneurs du voisinage.

Ils continuaient d'ailleurs, "de jouir des terres qu'ils possédaient auparavant,mais à titre de serfs".

Témoi, ce Guillaume Gaudon, demeurant à Montierchaume, et qui, volontairement, le 5 novembre 1519 se fait "homme serf, taillable et mortaillable" su sieur abbé de Saint Gildas.

Sous l'influence de l'Eglise et des idées chrétiennes, le serf avait en effet,cessé d'être un esclave à la manière des Romains : "Il ne se trouvait pas dans une situation aussi rigoureuse qu'on se l'imagine communément".

Dés avant le VIII ième siècle, le serf n'est plus une chose, comme l'esclave. Il jouit de la personnalité juridique, paye ses redevances, a une famille et un patrimoine. Il cultive, à son compte, une petite étendue de terre appelée manse.

A Velles, dès le XIII e siècle, les serfs sont la petite exception, bien qu'il continue de s'en trouver jusqu'au milieu du XVe siècle. Les pièces d'archives de l'Indre et le chartrier de Boisé y signalent

- 1292 : "vingt hommes serfs que Pierre de Sassierges possède dans la paroisse de Velles et deux autres qui sont à Guillaume et Philippe de Vernuces", au dit lieu, "pour raison de leur mère". Puis, à Beauregard, un homme de Jean de Boisé ; et à Vernusse encore, deux hommes appartenant à Etienne de Boisé".

-1366 : "quelques hommes serfs de la terre de Vauzelles, qu'a Pierre de Chamborant".

-1375 : "les serfs de Geoffroy de Boisé, les nommés Etienne Tillier, Péronnet Tilliet, Jehan Reynault, Etienne Sengat, Pierre Joucemant"

- 1399 : La même famille sans doute : "Jehan Tillier alias Pornet, JehanneTillier, fille du précédent, femme de jehan Pastoureau de Velles et Marguerite, mère dudit Tillier.....avec la fille de feu Lespinasse, de la Mazerolle...."

- 1439 : plusieurs hommes qu'a Robert de Boisé : "jehan Piget et Guillaume Tixier, de la paroisse de Velles et un homme de Plessis-Palluau, lequel s'appelle Deschamps". Sur le fief de Breulbrun (Villebrun), dix hommes serfs et sept femmes sont dénombrés la même année.

- 1459, 1474, 1486 voient enfin" passer des contrats de servage par Jean Demanesolle, Jeanne Aufrère, veuve de Thomas Mortier et par deux hommes serfs, au village de Courcenay".

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jeudi 5 juin 2014

L'Insoumise à la Une de la Nouvelle République.

Numéro Spécial

Découvrez l'article de la Nouvelle République qui lance la campagne de communication dans la presse écrite, elle sera suivie dés la semaine prochaine d'une campagne radio sur l'antenne de France bleu Berry.


http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Communes/Velles/n/Contenus/Articles/2014/06/05/L-Insoumise-revient-dans-le-theatre-de-verdure-1935238




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mercredi 4 juin 2014

Velles 1880. La place publique.

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L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Les registres de délibération du Conseil Municipal de Velles recèlent une mine d'informations susceptibles de nous éclairer sur la vie sociale de l'époque. Plusieurs réunions aborderont les travaux de réfection de la place publique. 

Voici ce qu'on pouvait lire à propos de la session du 5 décembre 1880 :

Lors de la session extraordinaire du Conseil Municipal de Velles, le 5 décembre 1880,

Monsieur le Président soumet au Conseil les plans et devis des réparations et constructions projetées concernant la place publique et présentés par Monsieur l'Agent voyer cantonal, chargé du travail par décision préfectorale du 23 juillet 1880.

Le Conseil approuve sans modification, les devis et plans qui lui sont soumis et qui prévoient une dépense de 2200f, y compris 239,74f somme à valoir.

La dépense sera couverte à l'aide d'une somme de 750f portée à l'article 57 du budget supplémentaire de l'année courante, d'une somme de 100f donnée par le département. Le complément en sera prélevé sur les fonds libres du budget supplémentaire de 1881, lors de la formation de ce budget.

M. Le Maire est prié de vouloir bien solliciter de l'administration supérieure une nouvelle subvention, attendu que la commune est lourdement imposée et ne possède aucun revenu
L'adjudication aura lieu dans le plus bref délai possible.





D'un siècle à l'autre.......

 

La Troupe « Festi'Velles » réinvestira le théâtre de verdure des prairies de Velles, les 4-5-6-7 juillet prochains, pour présenter la nouvelle édition du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte-l'Insoumise », dans le cadre du « Festi'Lumière de Velles 2014 »,
(Tarifs-Billetterie-Réservations, voir la rubrique liens de ce blog).



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mardi 3 juin 2014

Exode 1940.Velles terre d'accueil chapitre 15

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Nous publions sous forme de feuilleton historique, le chapitre 15 d'un document rare et exceptionnel, dactylographié par le Directeur de l'école, Monsieur Défradat en 1947.

Il porte témoignage de la générosité des habitants de Velles, pendant l'exode de 1940.

Conscient de son rôle de « passeur d'histoire », il écrit ceci :

« Dans trente ans, le récit en serait déformé, dans cinquante, à peu près oublié. Il est temps d'écrire pour les futurs habitants de Velles ce que fut, à Velles, cet exode. Le témoin qui essaie d'en faire le récit se porte garant de sa vérité »

« j'étais là, telle chose advint »

Velles décembre 1947
M. Défradat

Dans ce chapitre intitulé "Direction Sud- Panique", Monsieur Défradat, ancien poilu de la Guerre 14-18, laisse apparaitre son désappointement voire son dépit devant le comportement de certains militaires lors de cette grande débandade. Il dit ceci :
"Civils et soldats avaient un même effroi, une même crainte panique de l'avion, et interrogeaient sans cesse le ciel d'un oeil inquiet. Des civils, on l'excuserait encore ; mais la vérité oblige à dire que certains soldats qui passèrent à Velles laissaient apparaitre cette terreur d'une façon un peu exagérée.
S'il est prudent et recommandé de camoufler troupes et matériel, de cesser tout mouvement dès qu'un avion peut effectuer un repérage, s'il est légitime enfin de se garer le plus possible lorsqu'on est directement attaqué, il est ridicule, surtout pour un militaire de se défiler, sans conserver trace de dignité et d'amour-propre, quand le danger n'est qu'illusoire".

ou encore :

Ils ne sont pas très vaillants, ces artilleurs de D.C.A. logés à Palhuat qui, lors du bombardement de Châteauroux, le 15 juin, coiffent à la hâte leur casque et ....se précipitent tête baissée dans les haies avoisinantes. Châteauroux est à 15 kilomètres. Leur capitaine, de peur de les voir s'éparpiller est obligé de coucher avec eux, à la grange.








D'un siècle à l'autre........
 

La Troupe « Festi'Velles » réinvestira le théâtre de verdure des prairies de Velles, les 4-5-6-7 juillet prochains, pour présenter la nouvelle édition du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte-l'Insoumise », dans le cadre du « Festi'Lumière de Velles 2014 »,
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lundi 2 juin 2014

Le Comte Auguste Alfred de Montaigu-Général des Hussards

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Dans son ouvrage, "le passé d'une localité rurale , Velles en Bas-Berry", dont une réédition est en vente à la Mairie de Velles, Maxime Rousseau, poète, écrivain, et ancien curé du village écrit ceci à propos de la guerre de 1870 :

"Peu d'echos de la bataille sont venus à Velles : aucun souvenir n'en est resté, du moins dans les archives municipales. A peine s'il est question, le 31 octobre 1870 d'une imposition extraordinaire pour l'habillement, l'équipement et la solde des gardes nationaux mobilisés sur la Commune.

Une feuille y conserve pourtant l'état nominatif des habitants de Velles ayant fait partie de l'armée pendant la campagne de1870-1871 et décédés au cours de la guerre. Tous sauf un, sont morts de maladie ; sept faisaient partie des gardes mobiles de l'Indre et deux seulement étaient combattants, l'un du 91 ième de Ligne et l'autre disparu, du 48 ième.

Silvain Dessoliers  21 ans
André Blanchard  23 ans
Jean Dupont          20 ans
François Sauzet     22 ans
M. Pinardon           21 ans
François Boismont 24 ans
Silvain Bonnet        21 ans
Pierre Meublat       21 ans
Pierre Bavouzet      21 ans

Velles toutefois, fut noblement représenté dans la défense de La Patrie.

A la déclaration de la guerre, le 25 juillet 1870, le comte Auguste-Alfred de Montaigu faisait partie de l'armée. Il avait épousé, le 20 juillet 1848, sa cousine, Germaine-Blanche de Montaigu, l'héritière de Beauregard et dès le début des hostilités, il était général. Sa brigade constituait, avec celle de Gendremont (3ième et 11ième dragons), la Division Legrand, composant la cavalerie du 4 ième corps de l'armée du Rhin , sous les ordres du Général  de Ladmirault.

Puis le général de Montaigu devait prendre part, avec ses 2ième et 7ième hussards de Versailles, à la furieuse charge de Rezonville, près Metz, le 16 août 1870. Couvert de blessures, renversé de son cheval, il fut fait prisonnier. Après la guerre, il commandait la 5ième division de cavalerie à Nancy, aux postes d'honneur de la frontière, quand sonna pour lui, l'heure de la retraite.

Il rentrait à Beauregard, peu de temps après. Il y retrouvait son fidèle Louis Demanèche, son ordonnance jusqu'en 1868 et qui, libéré du service, était devenu cocher au château.

Plusieurs anciens peuvent encore se rappeler cette belle figure de soldat : le général comte de Montaigu ne mourut qu'en 1888 à Paris et son corps repose au cimetière de Velles, avec les deux comtesses, sa belle-mère et sa femme.

Merveilleux soldat en effet, descendant de Rollon de Montaigu, qui assista à la troisième croisade de 1190, il avait de qui tenir.

Son père, le Comte Auguste-Louis-Gabriel de Montaigu, né en 1790 et colonel en 1813, avait été décoré par l'Empereur Napoléon 1er pour sa valeureuse conduite à la bataille de Moskowa et était devenu par la suite, son officier d'ordonnance et son chambellan.

Alfred était son fils cadet. Il s'engageait dés ses 18 ans sonnés, comme simple cavalier aux chasseurs d'afrique. Et c'est à la pointe de son épée qu'il conquit tous ses grades.

Sous lieutenant au 3ième chasseurs, en 1839, il avait pris part à l'expédition de la Medjana, en mai 1840, à celle de Tebessa, au violent combat de l'oued Charro. Puis capitaine en 1845, il avait continué de guerroyer avec les arabes jusqu'en 1848.

C'est alors qu'il s'est marié.

Commandant puis colonel au régiment des guides de la garde de l'Empereur, il avait fait aussi la campagne d'Italie, à la tête du 5 ième régiment de hussards et mené la célèbre charge de Solférino en juin 1859.

Son héroïsme en 1870 n'était que le couronnement d'une admirable carrière militaire.

Bien longtemps après sa mort, en 1913, trois vétérans de Velles recevaient à Ardentes, la médaille commémorative de 1870 : MM Paul Chauvin, J.D.  Lamamy et J.D. Soulat.





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dimanche 1 juin 2014

Velles 1905. La Distillation

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

Dans les années 1900, les sites et horaires de distillation des vins et marcs de raisins étaient réglementés et faisaient l'objet d'une décision du Conseil municipal.

Ainsi lors de sa session du 20 aout 1905, on peut lire ceci :

Le Conseil conformément à la loi du 22 avril 1905, est d'avis que la distillation des vins et marcs de raisins ait lieu tous les jours de 7 heures du matin à 4h du soir.

1/ Sur la petite place publique derrière le café du commerce.

2/ Sur le chemin  allant de la route de Velles au moulin de Vauzelles

3/ Au hameau du Terrier-Colin devant la maison Laleuf Jean.

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samedi 31 mai 2014

1906-1907 Velles à la Belle Epoque chapitre 10

La création en 2013 du spectacle historique nocturne : « Mademoiselle de La Motte- l'Insoumise », par la troupe Festi'Velles, dont le scénario se déroule en 1589, au sein d'une illustre famille aristocratique du village, les « de Boisé de Courcenay », a suscité un intérêt pour la connaissance et la promotion du patrimoine historique et culturel de Velles.

L'ouverture de l'« Atelier Histoire » répond à cette demande. L'objectif est d'animer quotidiennement ce blog par la publication d'articles dont la lecture permet la découverte d'un passé enfoui du village.

L'analyse de la population de Velles montre que son apogée fut atteinte en 1906. Velles vivait alors sa « Belle Epoque ». L'une des façons d'appréhender l'état d'esprit et le contexte de l'époque est de plonger dans l' « Almanach Pratique illustré du Petit Parisien ».

Nous avons la chance de disposer d'un exemplaire de 1907 dont la présentation rappelle tous les évènements de l'année précédente, à savoir 1906. Ce document fourmille d'informations de toute nature qui étaient celles dont disposaient les habitants de Velles à l'époque.

Nous allons les restituer au fil d'articles, en replaçant Velles, dans le contexte historique national et mondial. Une façon de se mettre dans la peau d'un Vellois de l'époque.

Dans l'agenda du mois de Mai, on peut y lire ceci :

L'Année passée 

le 1er- Quelques bagarres peu importantes autour de la Bourse du Travail ont troublé seules l'ordre et le calme de la journée.

le 2- Le Comte Witte, premier ministre de Russie, a donné sa démission.

le 3- Dans le bois de Vincennes, deux anarchistes russes ont fait éclater accidentellement une bombe. Le premier, Trida, est mort ; le second Sokoloff est grièvement blessé.

le 6- Elections législatives dans toute le France

le 10- Ouverture de la Douma par le Tsar

le 11- Mort du bey de Tunis

le 23- Mort d'Henrik Ibsen

le 27- Le Prince et la Princesse de Galles ont rendu visite au Président de la République.

le 31- Mariage du roi d'Espagne Alphonse XIII avec la princesse de Battenberg. Une bombe, lancée sur le carrosse royal, fait de nombreuses victimes


L'année présente

le 1er- Fête universelle des travailleurs. Fête particulière des meuniers. Dans les collèges de jeunes filles de l'Angleterre et de l'Irlande, les élèves élisent la "Reine de Mai"

le 3- Vernissage du Salon de la Société des Artistes français.

le 7- Commencement des fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans. Brillants cortèges dans la ville.

le 8- Visite annuelle à N.D. des Flammes, à Meudon, en souvenir du terrible accident de chemin de fer qui coûta la vie à l'Amiral Dumont-Durville.

le 19- A l'occasion de la naissance de Nicolas II ( 19 mai 1866), un Te deum est chanté à l'église russe de la rue Daru.

le 20- Pélerinage annuel à l'ossuaire de Montebello à l'occasion de l'anniversaire de la bataille (1859)

le 30- Fête de la décoration des tombeaux aux Etats Unis.








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