Choisir son Chemin.....
"Dans le courant du printemps, je reçus une lettre de l'autorité militaire, m'informant que les élèves ayant préparé les grandes écoles et suivi les cours de PMS, pouvaient contracter un engagement dans l'armée en vue de suivre une école de cadres pour devenir officier.
On était engagé avec le grade de sergent. Pour plus de renseignements, on pouvait s'adresser au service de l'armée à la caserne Bertrand à Châteauroux. Ce que je fis. Je fus reçu par un capitaine qui me questionna assez longuement et m'indiqua que le but de ce recrutement était d'instruire rapidement des jeunes gens qui seraient nommés aspirants au bout de quelques mois et autant que faire se peut, dirigés sur l'Afrique du Nord.
Je rentrai à la maison et je parlai de cette proposition à mes parents. Dans les circonstances que nous vivions, rien ne devait être négligé. Dans quelques semaines, j'allais passer mon examen à Grenoble et il aurait été ridicule d'abandonner si près du but.
Mais en cas d'échec ( ce qui n'était pas exclu), la solution pouvait être envisagée. Mon père me conseilla de retourner voir le capitaine et de lui exposer franchement la situation.
Il se montra parfaitement compréhensif et me proposa de m'inscrire comme candidat possible, sous réserve de confirmation dans un délai déterminé.
De toute manière, je promis de lui donner une réponse dès que je serais moi-même fixé. Quand je revins la lui donner, il n'était plus là et comme je n'avais plus de raison de donner suite, je laissai tomber.
Paul Défradat
A suivre....
Ce blog est le vecteur de communication de l' Atelier Histoire de Velles, les articles publiés, près de 500 à ce jour, permettent de partager le patrimoine historique du village.
Archives du blog
mercredi 15 novembre 2017
dimanche 12 novembre 2017
samedi 11 novembre 2017
vendredi 10 novembre 2017
11 Novembre.....
L'Atelier Histoire de Velles honore ses Poilus......
Découvrez ces magnifiques clichés issues de la collection d'André Lallemand, membre de l'Atelier et spécialiste de la Guerre 14-18.
Découvrez ces magnifiques clichés issues de la collection d'André Lallemand, membre de l'Atelier et spécialiste de la Guerre 14-18.
Paul Défradat.... Le Fils de l'Instituteur....(9)
La Résistance s'organise....
"Et puis, il y eut certains évènements dont l'importance relative doit être soulignée. C'est ainsi que le 11 novembre 1940, des étudiants nationalistes gaullistes et communistes défilèrent ensemble sur les Champs Elysées, pendant deux heures avant que les forces allemandes ouvrent le feu.
En mai 1941, une grève des mineurs, déclenchée dans le Pas de Calais, fut sévèrement réprimée par l'occupant. Ce fut à ce moment aussi que sortirent les premiers numéros de la presse clandestine, Combat, Franc-Tireur,de J.P. Lévy, Témoignage Chrétien, créé par les militants catholiques de Lyon.
Il ne faut pas confondre ces premiers Réfractaires avec les Dissidents qui avaient refusé l'armistice et se trouvaient hors de France. Car il existe bien une Spécificité Originelle de la Résistance intérieure qui se développe de façon tout à fait autonome.
Les Français libres, comme ils se faisaient appeler, se rangeaient pour partie, mais pour partie seulement, sous l'autorité de De Gaulle auquel certains reprochaient son autoritarisme et ne collaborèrent pas ou peu avec lui.
Contrairement à Pétain, De Gaulle attribuait la défaite à des erreurs d'ordre militaire et personnellement, pour ce que j'ai pu en juger à l'époque et encore maintenant, j'étais d'accord avec lui sur ce point. Il s'était fixé un but : Remettre dans la guerre, non seulement les Français mais la France .
Que les méthodes utilisées puissent être contestées, que la fameuse Légitimité dont il s'empara en fit sourire beaucoup, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Il représentait néanmoins une parcelle de la France dans la continuation de la lutte et qui ne se limitait pas à une légion étrangère dans l'armée anglaise.
Mais il lui fallut longtemps avant d'être pris au sérieux".
Paul Défradat
A suivre.....
N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions......atelierhistoirevelles@gmail.com
"Et puis, il y eut certains évènements dont l'importance relative doit être soulignée. C'est ainsi que le 11 novembre 1940, des étudiants nationalistes gaullistes et communistes défilèrent ensemble sur les Champs Elysées, pendant deux heures avant que les forces allemandes ouvrent le feu.
En mai 1941, une grève des mineurs, déclenchée dans le Pas de Calais, fut sévèrement réprimée par l'occupant. Ce fut à ce moment aussi que sortirent les premiers numéros de la presse clandestine, Combat, Franc-Tireur,de J.P. Lévy, Témoignage Chrétien, créé par les militants catholiques de Lyon.
Il ne faut pas confondre ces premiers Réfractaires avec les Dissidents qui avaient refusé l'armistice et se trouvaient hors de France. Car il existe bien une Spécificité Originelle de la Résistance intérieure qui se développe de façon tout à fait autonome.
Les Français libres, comme ils se faisaient appeler, se rangeaient pour partie, mais pour partie seulement, sous l'autorité de De Gaulle auquel certains reprochaient son autoritarisme et ne collaborèrent pas ou peu avec lui.
Contrairement à Pétain, De Gaulle attribuait la défaite à des erreurs d'ordre militaire et personnellement, pour ce que j'ai pu en juger à l'époque et encore maintenant, j'étais d'accord avec lui sur ce point. Il s'était fixé un but : Remettre dans la guerre, non seulement les Français mais la France .
Que les méthodes utilisées puissent être contestées, que la fameuse Légitimité dont il s'empara en fit sourire beaucoup, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Il représentait néanmoins une parcelle de la France dans la continuation de la lutte et qui ne se limitait pas à une légion étrangère dans l'armée anglaise.
Mais il lui fallut longtemps avant d'être pris au sérieux".
Paul Défradat
A suivre.....
N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions......atelierhistoirevelles@gmail.com
jeudi 9 novembre 2017
6ème Causerie de l'Atelier Histoire de Velles
L'Atelier Histoire de Velles a le plaisir de vous annoncer sa sixième "Causerie".....
Vous êtes lecteur de ce blog..... vous vous intéressez à l'Histoire de notre village, n'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions : atelierhistoirevelles@gmail.com
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samedi 4 novembre 2017
Paul Défradat.... Le Fils de l'Instituteur...(8)
Le début d'une période trouble.....
"En Libye, l'Africa Corps de Rommel attaquait en direction de Suez et les puits de pétrole. En avril, la Wehrmacht pénétrait dans Belgrade et quelques jours plus tard, le Grecs capitulaient.
Et cependant Hitler n'avait pu encore mettre les pieds sur le sol d'Angleterre. Les quelques succès enregistrés contre la machine de guerre allemande laissaient planer malgré tout, quelque espoir. C'est ainsi que le 27 mai 1941, la flotte britannique coule le cuirassé Bismark au large de Brest.
Le 31 mai, la RAF effectue son premier raid massif sur le territoire du Reich. La première division française libre, DFL, est engagée en Erythrée aux cotés des Anglais. Et le 22 juin au matin, coup de tonnerre ! la radio annonce que la Wehrmacht envahit l'Union Soviétique.
Hitler voulait jouer à Napoléon. Il allait y réussir et comme l'Empereur, il allait trouver sa Bérésina devant Stalingrad. Mais n'anticipons pas sur les évènements et essayons de voir comment réagissait la nation française à cette période du conflit.
D'une manière générale, la grosse majorité de nos concitoyens était plus soucieuse de pallier les insuffisances du ravitaillement, de penser à ses prisonniers dont près de 2.000.000 croupissaient dans les Oflags et les Stalags, que de savoir si un jour on pourrait reprendre la lutte sous une forme ou sur une autre.
Il y eut cependant chez certains, un phénomène de rejet qui les amena à tenter de faire "quelque chose". Mais comment? ces réfractaires n'avaient pas tous le même objectif. Pour la plupart, c'était l'ennemi héréditaire, pour certains autres, c'était en plus, la lutte contre le régime politique de Vichy.
Enfin une autre partie considérait qu'il était peut être nécessaire de faire encore confiance au Maréchal et ce fut le cas de 100.000 hommes de l'armée de l'armistice qui pensaient comme bien d'autres que Pétain jouait double jeu et qu'il fallait tenir compte des excellentes réformes intérieures accomplies, comme l'affirmait H. Frenay dans son journal du 25 aout 1941.
Ce fut le cas aussi de notre actuel Président Mitterand dont la passé de résistant ne peut être mis en doute, mais qui collabora quand même pendant un certain temps avec Vichy, au point de se faire décorer de la francisque.
Paul Défradat
A suivre.....
"En Libye, l'Africa Corps de Rommel attaquait en direction de Suez et les puits de pétrole. En avril, la Wehrmacht pénétrait dans Belgrade et quelques jours plus tard, le Grecs capitulaient.
Et cependant Hitler n'avait pu encore mettre les pieds sur le sol d'Angleterre. Les quelques succès enregistrés contre la machine de guerre allemande laissaient planer malgré tout, quelque espoir. C'est ainsi que le 27 mai 1941, la flotte britannique coule le cuirassé Bismark au large de Brest.
Le 31 mai, la RAF effectue son premier raid massif sur le territoire du Reich. La première division française libre, DFL, est engagée en Erythrée aux cotés des Anglais. Et le 22 juin au matin, coup de tonnerre ! la radio annonce que la Wehrmacht envahit l'Union Soviétique.
Hitler voulait jouer à Napoléon. Il allait y réussir et comme l'Empereur, il allait trouver sa Bérésina devant Stalingrad. Mais n'anticipons pas sur les évènements et essayons de voir comment réagissait la nation française à cette période du conflit.
D'une manière générale, la grosse majorité de nos concitoyens était plus soucieuse de pallier les insuffisances du ravitaillement, de penser à ses prisonniers dont près de 2.000.000 croupissaient dans les Oflags et les Stalags, que de savoir si un jour on pourrait reprendre la lutte sous une forme ou sur une autre.
Il y eut cependant chez certains, un phénomène de rejet qui les amena à tenter de faire "quelque chose". Mais comment? ces réfractaires n'avaient pas tous le même objectif. Pour la plupart, c'était l'ennemi héréditaire, pour certains autres, c'était en plus, la lutte contre le régime politique de Vichy.
Enfin une autre partie considérait qu'il était peut être nécessaire de faire encore confiance au Maréchal et ce fut le cas de 100.000 hommes de l'armée de l'armistice qui pensaient comme bien d'autres que Pétain jouait double jeu et qu'il fallait tenir compte des excellentes réformes intérieures accomplies, comme l'affirmait H. Frenay dans son journal du 25 aout 1941.
Ce fut le cas aussi de notre actuel Président Mitterand dont la passé de résistant ne peut être mis en doute, mais qui collabora quand même pendant un certain temps avec Vichy, au point de se faire décorer de la francisque.
Paul Défradat
A suivre.....
mercredi 1 novembre 2017
Paul Défradat.... le Fils de l'Instituteur (7)
A l'écoute de la radio de Londres....
"...Les autres jours, je travaillais dans ma chambre et j'avais souvent la visite d'une gentille petite fille, la "Titite Bouquard" qui venait dire bonjour au "P'tit Sieu" par opposition au "Grand Sieu" qui était mon père (lisez Grand Monsieur).
Elle parlait quelques minutes avec moi, elle devait avoir deux ou trois ans. Je lui donnais un bonbon ou un biscuit et elle repartait.
Les corrigés que je recevais de l'Ecole Universelle étaient assez satisfaisants.Il est vrai que c'était la troisième fois que je reprenais mes cours de math, physique et chimie et je n'avais dons pas trop de mal à résoudre des exercices et problèmes qui n'étaient pas d'une grande difficulté.
Au mois de mai, si mes souvenirs sont exacts, les instituteurs furent conviés à organiser une fête scolaire, sous la pression des autorités académiques de l'époque. Mon père m'engagea comme pianiste pour faire répéter quelques morceaux du répertoire berrichon aux élèves.
Il y adjoignit quelques textes de Maurice Barrès. Les filles de leur coté, avaient organisé leur répertoire et on clôtura par un
chant patriotique alsacien :
" Dis moi quel est ton pays
Est-ce la France ou l'Allemagne"
"C'est la vieille et loyale Alsace
Que l'étranger nous a pris"
Et on ne chanta pas "Maréchal nous voilà..."
Le soir, on écoutait bien sûr la radio de Londres :
"Les Français parlent aux Français"
et dans le brouillement qu'on pouvait entendre, la vois chaude et puissante de Maurice Schumann commentait les nouvelles du jour.
La situation était loin d'être brillante pour les Britanniques. Quotidiennement, Londres et les principales villes anglaises subissaient de terribles bombardements de la part de la Luftwafe. Sur mer, les sous-marins coulaient plus de navires de commerce que de chantiers navals pouvaient en construire.
Paul Defradat
A suivre......
"...Les autres jours, je travaillais dans ma chambre et j'avais souvent la visite d'une gentille petite fille, la "Titite Bouquard" qui venait dire bonjour au "P'tit Sieu" par opposition au "Grand Sieu" qui était mon père (lisez Grand Monsieur).
Elle parlait quelques minutes avec moi, elle devait avoir deux ou trois ans. Je lui donnais un bonbon ou un biscuit et elle repartait.
Les corrigés que je recevais de l'Ecole Universelle étaient assez satisfaisants.Il est vrai que c'était la troisième fois que je reprenais mes cours de math, physique et chimie et je n'avais dons pas trop de mal à résoudre des exercices et problèmes qui n'étaient pas d'une grande difficulté.
Au mois de mai, si mes souvenirs sont exacts, les instituteurs furent conviés à organiser une fête scolaire, sous la pression des autorités académiques de l'époque. Mon père m'engagea comme pianiste pour faire répéter quelques morceaux du répertoire berrichon aux élèves.
Il y adjoignit quelques textes de Maurice Barrès. Les filles de leur coté, avaient organisé leur répertoire et on clôtura par un
chant patriotique alsacien :
" Dis moi quel est ton pays
Est-ce la France ou l'Allemagne"
"C'est la vieille et loyale Alsace
Que l'étranger nous a pris"
Et on ne chanta pas "Maréchal nous voilà..."
Le soir, on écoutait bien sûr la radio de Londres :
"Les Français parlent aux Français"
et dans le brouillement qu'on pouvait entendre, la vois chaude et puissante de Maurice Schumann commentait les nouvelles du jour.
La situation était loin d'être brillante pour les Britanniques. Quotidiennement, Londres et les principales villes anglaises subissaient de terribles bombardements de la part de la Luftwafe. Sur mer, les sous-marins coulaient plus de navires de commerce que de chantiers navals pouvaient en construire.
Paul Defradat
A suivre......
dimanche 29 octobre 2017
Chroniques de l'Atelier Histoire de Velles Numéro 3
Découvrez le nouveau numéro des "Chroniques de l'Atelier Histoire de Velles"
Téléchargez la version pdf
https://www.dropbox.com/s/fn8auk9zw6473e7/NEWSLETTER%20003.pdf?dl=0
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samedi 28 octobre 2017
Paul Défradat.... le Fils de l'Instituteur (6)
Un Dimanche à Velles dans les années 40.....
"Monsieur Bouquart, l'adjoint de mon père, avait fondé une équipe de football. Les initiatives sportives étaient alors encouragées par le régime. Ce n'était pas du grand football, tant s'en faut, mais nous avions quand même une bonne triplette d'attaque.
Bouquart à l'aile droite, qui avait pratiqué dans l'équipe de l'école normale. Défradat à l'aile gauche, qui avait pratiqué dans l'équipe du lycée, championne de l'académie en 1937 et surtout Léon Pétrikoski, juif d'origine lithuanienne, réfugié avec ses frères et soeurs à Velles.
Il était avant-guerre, l'avant centre en titre de l'équipe d'Orléans classée en division d'honneur. Et nous étions ainsi la meilleure équipe parmi les communes environnantes.
Le dimanche,
nous nous déplacions en vélo bien sûr, à Tendu, Bouesse, Arthon...etc.
A la fin du match, on nous offrait le vin chaud et un morceau de galette feuilletée. Puis on rentrait à Velles, on faisait une belote chez Doré ou chez Ferragu et c'est ainsi que se passait le dimanche dans cette campagne que, je le répète, j'ai tant appréciée à l'époque.
Paul Défradat
A suivre....
"Monsieur Bouquart, l'adjoint de mon père, avait fondé une équipe de football. Les initiatives sportives étaient alors encouragées par le régime. Ce n'était pas du grand football, tant s'en faut, mais nous avions quand même une bonne triplette d'attaque.
Bouquart à l'aile droite, qui avait pratiqué dans l'équipe de l'école normale. Défradat à l'aile gauche, qui avait pratiqué dans l'équipe du lycée, championne de l'académie en 1937 et surtout Léon Pétrikoski, juif d'origine lithuanienne, réfugié avec ses frères et soeurs à Velles.
Il était avant-guerre, l'avant centre en titre de l'équipe d'Orléans classée en division d'honneur. Et nous étions ainsi la meilleure équipe parmi les communes environnantes.
Le dimanche,
A la fin du match, on nous offrait le vin chaud et un morceau de galette feuilletée. Puis on rentrait à Velles, on faisait une belote chez Doré ou chez Ferragu et c'est ainsi que se passait le dimanche dans cette campagne que, je le répète, j'ai tant appréciée à l'époque.
Paul Défradat
A suivre....
mardi 24 octobre 2017
Paul Défradat.... Le Fils de l'Instituteur....(5).
Je vivais très heureux au milieu de tous ces gens.....
"Il y avait Berthe DEBILLON, vieille fille, directrice de l'atelier de chemiserie, proche de chez nous, qui se voulait être gaulliste et épiait journellement les faits et gestes du secrétaire de mairie FOIRE, ardent propagandiste du régime.
De temps en temps, on avait la visite de Hyacinthe JARRAUD, régisseur des propriétés BALSAN, qui sortait de sa gibecière un lapin de garenne.
J'allais souvent voir aussi Jeanne HUGUET, mariée au facteur rural, de quelques années mon ainée et qui avait été "bonne" chez nous pendant plusieurs années.
Je vivais très heureux au milieu de tous ces gens que je connaissais bien et je me suis demandé quelque fois s'il n'aurait pas été aussi bien de demander une place d'instituteur et de succéder un jour à mes parents et grands parents qui occupèrent le poste pendant près de cinquante ans je crois, sans interruption depuis le début du siècle.
Un après midi par semaine, j'allais à Châteauroux soit en vélo, soit par l'autobus, retrouver quelques anciens copains de bahut. Celui que je fréquentais le plus à l'époque était BESSAT, pion au lycée en attendant des jours meilleurs et qui me proposait de venir le rejoindre (une place étant disponible). Mais j'en avais par dessus la tête de l'internat et pis j'avais quand même l'intention de préparer sérieusement mon examen. Et ce n'était pas en qualité de pion que je trouverais le temps nécessaire pour mener à bien cette tâche.
J'y retrouvais aussi quelque fois, le gros LEBRUN qui appartenait à la classe 39 et qui attendait impatiemment d'être libéré de l'armée pour poursuivre ses études médicales et puis DELAIGUE, GARNIER, MALTERRE, ROGIER et biens d'autres dont les noms ne me reviennent pas immédiatement.
Paul Defradat
A suivre.....
"Il y avait Berthe DEBILLON, vieille fille, directrice de l'atelier de chemiserie, proche de chez nous, qui se voulait être gaulliste et épiait journellement les faits et gestes du secrétaire de mairie FOIRE, ardent propagandiste du régime.
De temps en temps, on avait la visite de Hyacinthe JARRAUD, régisseur des propriétés BALSAN, qui sortait de sa gibecière un lapin de garenne.
J'allais souvent voir aussi Jeanne HUGUET, mariée au facteur rural, de quelques années mon ainée et qui avait été "bonne" chez nous pendant plusieurs années.
Je vivais très heureux au milieu de tous ces gens que je connaissais bien et je me suis demandé quelque fois s'il n'aurait pas été aussi bien de demander une place d'instituteur et de succéder un jour à mes parents et grands parents qui occupèrent le poste pendant près de cinquante ans je crois, sans interruption depuis le début du siècle.
Un après midi par semaine, j'allais à Châteauroux soit en vélo, soit par l'autobus, retrouver quelques anciens copains de bahut. Celui que je fréquentais le plus à l'époque était BESSAT, pion au lycée en attendant des jours meilleurs et qui me proposait de venir le rejoindre (une place étant disponible). Mais j'en avais par dessus la tête de l'internat et pis j'avais quand même l'intention de préparer sérieusement mon examen. Et ce n'était pas en qualité de pion que je trouverais le temps nécessaire pour mener à bien cette tâche.
J'y retrouvais aussi quelque fois, le gros LEBRUN qui appartenait à la classe 39 et qui attendait impatiemment d'être libéré de l'armée pour poursuivre ses études médicales et puis DELAIGUE, GARNIER, MALTERRE, ROGIER et biens d'autres dont les noms ne me reviennent pas immédiatement.
Paul Defradat
A suivre.....
dimanche 15 octobre 2017
Paul Défradat le Fils de l'Instituteur (4)
La vie continue.....
Justin Fradet et Maurice Descoux avaient remplacé le boulanger fait prisonnier. C'est dans le fournil que j'allais bavarder avec eux le plus souvent.
La boulangerie était au centre du village et c'était le coin le plus animé où l'on apprenait les petits potins qui font la vie de tous les jours.
Et tous les jours, je ramenais mon pain de quatre livres, issu de la fournée spéciale réservée aux amis. Toutes les semaines, on allait au moulin de Blézais chercher quelques sacs de farine blanche. On attelait pour cela le bourricot de Maurice Descoux. L'un de nous passait devant en vélo pour voir s'il n'y avait pas quelqu'étranger qui puisse soupçonner notre trafic.
L'autre derrière, assurait la protection du convoi. On camouflait les sacs sous des fagots de bois et on attendait la nuit pour rentrer au village situé à deux kilomètres environ. Je me suis toujours demandé pourquoi Justin prenait tant de précautions pour assurer son transport. Car en fait, personne n'était dupe. Il se méfiait cependant de certains légionnaires dont le zèle maréchaliste était un peu trop marqué.
Il y avait aussi dans le quartier, Gaston Ferragu qui cumulait les fonctions de bourrelier, épicier et bistrot. A coté du fournil se trouvaient les caves de Pierre Brunaud, le marchand de vin.
J'allais aussi fréquemment saluer le sabotier, Monsieur Alassoeur qui était en même temps sacristain et se voulait être anti-pétainiste, le cordonnier Clément Mercier qui avait encore quelques stocks de cuir pour réparer les chaussures. Son beau frère Pierre Laval retraité de l'Institut Pasteur, habitait à la sortie du village et ce n'est qu'après la libération qu'on connût ses activités de résistant.
Paul Défradat
A suivre.....
Justin Fradet et Maurice Descoux avaient remplacé le boulanger fait prisonnier. C'est dans le fournil que j'allais bavarder avec eux le plus souvent.
La boulangerie était au centre du village et c'était le coin le plus animé où l'on apprenait les petits potins qui font la vie de tous les jours.
Et tous les jours, je ramenais mon pain de quatre livres, issu de la fournée spéciale réservée aux amis. Toutes les semaines, on allait au moulin de Blézais chercher quelques sacs de farine blanche. On attelait pour cela le bourricot de Maurice Descoux. L'un de nous passait devant en vélo pour voir s'il n'y avait pas quelqu'étranger qui puisse soupçonner notre trafic.
L'autre derrière, assurait la protection du convoi. On camouflait les sacs sous des fagots de bois et on attendait la nuit pour rentrer au village situé à deux kilomètres environ. Je me suis toujours demandé pourquoi Justin prenait tant de précautions pour assurer son transport. Car en fait, personne n'était dupe. Il se méfiait cependant de certains légionnaires dont le zèle maréchaliste était un peu trop marqué.
Il y avait aussi dans le quartier, Gaston Ferragu qui cumulait les fonctions de bourrelier, épicier et bistrot. A coté du fournil se trouvaient les caves de Pierre Brunaud, le marchand de vin.
J'allais aussi fréquemment saluer le sabotier, Monsieur Alassoeur qui était en même temps sacristain et se voulait être anti-pétainiste, le cordonnier Clément Mercier qui avait encore quelques stocks de cuir pour réparer les chaussures. Son beau frère Pierre Laval retraité de l'Institut Pasteur, habitait à la sortie du village et ce n'est qu'après la libération qu'on connût ses activités de résistant.
Paul Défradat
A suivre.....
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